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Artiste multifacettes

PORTRAIT

Plusieurs identités artistiques. Une seule trajectoire.

VÉRONIQUE DUFFOUR
SISTA VALKA
VERONIKAD DJ

Je me définis comme une femme de projets. J'aime impulser, créer, explorer le son comme une matière créative, sociale et politique.

J'ai commencé sous le blaze de Sista Valka, en 1993, à une époque où le rap était encore loin d'être la musique la plus écoutée. Les rares femmes qui osaient prendre le MIC étaient surnommées les « femmes pirates ». Il fallait du courage pour entrer dans les battles, improviser en freestyle et se faire une place dans un univers largement masculin.

Pendant plus de dix ans, j'ai bouffé de la scène et enregistré des mixtape. De Paris à Casablanca, en passant par Londres, Turin, Barcelone ou Genève, j'ai partagé le micro avec Diam's, La Rumeur, NAP, Bahamadia, Antipop Consortium, Smif-n-Wessun et bien d'autres.

Cette décennie de rap engagé a façonné ma manière de penser la création : comme un espace de liberté, de réflexion et de prise de parole.


J'ai composé tous mes textes, arrangé avec les beat-makeur en studio, j'ai programmé des événements notamment avec de la prog urbaine féminine. J'ai interrogé la place de la femme dans la société à travers mes live qui parfois tournait à la performance (track yeux bandés pour dénoncer l'invisibilité de génocides, etc.)

 

 

En 2010, je me lance aux platines VERONIKAD DJ. Changer de média, pas de philosophie. Les platines deviennent une autre façon de raconter des histoires, de faire danser les corps et circuler les émotions.

À partir de 2015, je découvre un nouveau terrain de jeu : celui de la radio et de la télévision suisse. Pendant près de dix ans, je conçois des contenus vocaux et musicaux pour le service public.

Une autre manière de fabriquer du récit, toujours à travers le son.

Fraîchement quinqua, je mesure l'avancée et la richesse d'avoir traversé des mondes très différents. Tous m'ont appris une chose : la création naît de la curiosité, des rencontres et de la capacité à oser l'inconnu.
 

Aujourd'hui, je vis avec des acouphènes parfois sévères et de l'hyperacousie. Je n'avais pas envie de les entendre. Pourtant, le silence du COVID (plus de scène, plus de studio, tournée annulée) m'a obligée à leur faire face et à repenser mon rapport au son.

J'ai dû accepter de nouvelles contraintes, inventer d'autres façons de travailler, d'écouter et de créer. Cette expérience m'a rappelé que la création naît aussi des transformations que la vie impose. Elle m'a ouvert à une autre qualité d'écoute, toujours sensible, et à une autre manière d'imaginer les projets.

Bienvenue dans mon univers.

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PARCOURS MUSICAL

Le rap comme point de départ.

Je n'ai jamais choisi les chemins les plus évidents.

Enfant des années 1980, j'étais attirée par les territoires où l'on attendait rarement les filles : l'escrime d'abord, puis les arts martiaux, la boxe… Avec le recul, je comprends que ce n'était pas tant le goût de l'affrontement qui m'animait que celui de la conquête. J'avais besoin de me mesurer à des espaces codifiés, souvent masculins, pour y trouver ma place.

Lorsque le hip-hop américain traverse l'Atlantique, une évidence s'impose. La frontalité du rap, son exigence de vérité, sa capacité à raconter le réel sans détour correspondent à ma manière d'habiter le monde. RUN DMC, Grandmaster Flash, Sugarhill Gang, Public Enemy, Afrika Bambaataa… Derrière les rythmes, je découvre une pensée, un langage, une contre-culture.

Afrika Bambaataa fonde la Zulu Nation autour d'un idéal : Peace, Love, Unity and Having Fun. Cette vision me touche, mais mon histoire personnelle me conduit ailleurs. La violence que j'ai connue prend souvent le pas sur l'utopie. J'investis alors le rap comme un outil d'émancipation et de résistance davantage que comme une simple pratique musicale.

Je prends rapidement un virage politique. Mon écriture s'attaque aux rapports de domination, aux discriminations, aux injustices sociales. À mes début, les lieux dans lesquels je me produisaient racontaient cette orientation : centres sociaux, manifestations, festivals alternatifs, etc. Je ne cherchais pas les circuits les plus visibles, je cherchais les espaces où la parole pouvait encore déplacer quelque chose.

Avec le temps, je me suis souvent demandé pourquoi je ne désirais pas davantage la reconnaissance médiatique. Était-ce un choix politique ? Une méfiance instinctive envers les logiques de marché ? Plus certainement la trace plus profonde d'une origine sociale qui rend la réussite difficile à envisager. Fille d'ouvriers, je sais aujourd'hui combien les mécanismes de reproduction sociale façonnent aussi nos ambitions. Bien avant de découvrir les travaux de Pierre Bourdieu ou de Didier Eribon, j'en faisais déjà l'expérience sans pouvoir la nommer.

À cette époque, je ne pensais pas à fabriquer une carrière ni à construire un patrimoine artistique. Je voulais simplement monter sur scène. Encore et encore. Jouer comptait davantage que laisser des traces. C'est pourquoi il existe si peu d'images de mes centaines de concerts entre la fin des années 1990 et le début des années 2000. Si vous en possédez, je serais d'ailleurs heureuse de les retrouver. Plusieurss affiches, articles et flyers ont traversé le temps, mais l'essentiel demeure dans les rencontres, les débats et l'énergie de ces années-là.

Cette période m'a offert une richesse inestimable. J'ai partagé des scènes avec des collectifs Riot Grrrl, des groupes punk, des musiciens expérimentaux, des artistes venus d'horizons très différents. Plus que les esthétiques, c'était une même conviction qui nous réunissait : la culture pouvait être un levier d'émancipation et de transformation sociale.

C'est cette conviction qui ne m'a jamais quittée.

Elle m'a conduite vers les ateliers, les radios pirates, la radio publique suisse, le DJing, la médiation culturelle et, plus largement, vers la conception de projets où la culture devient un espace de dialogue, de transmission et de liberté.

Au fond, je n'ai jamais changé de direction. J'ai simplement changé de formats, de réflexions au fil des années.

Créations

15 ans de mix radiophoniques
et autres vibes

@Véronique Duffour 

ELECTRO HIP-HOP RAP

Tracks by SISTA VALKA
@Véronique Duffour 

ON OFF SOUNDS
Projet créé avec Joh ERBA - producteur et DJ pour la Télévision Suisse Romande

LP HOMMAGE à la chanson française

2018 - 2020

+

Tracks HOUSE MUSIC.

A holographic hill generated by the sounds of 19 minds coming from different galaxies and eras. To access the station, just hit the play button, you will be directly transported to the home base.

Rhuba is not a place you can explore on its surface, the crystal clear soil is way too slippery to be walked on. Don't worry, the first frequencies will let you merge into the minerals and transcend with the musical stream, which delivers life to the hill.

From now on and for the next 69 minutes, you make one with Rhuba.
Enjoy the multiple facets of what Trip Hop & Abstract Hip Hop can reflect today, breaking through the new decade with a fresh identity.

 

Date de publication :

30 septembre 2020

Copyright P :

℗ Diffract Records

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VINYL EDITION 2020

ON OFF SOUNDS

Album Inconscient collectif

Remix et tracks

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2015                VINYL EDIT

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sistavalka@gmail.com

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